Beasts of the Briar, tome 1 : Bonded by thorns
Elizabeth Helen
Romantasy · Érotisme
Ça n'est pas tant le roman que j'avais envie de tenter ici, mais plutôt la maison d'édition Chatterley et son postulat assumé de publier une romantasy assez axée sur l'érotisme et la maturité de ses histoires. Après avoir hésité entre plusieurs titres, c'est celui-ci qui a remporté mon adhésion, et je ne suis pas certaine désormais que cela ait été une bonne idée. En effet, j'ai retrouvé dans ce premier tome tous les écueils d'une romantasy avec de bonnes idées, mais une absence manifeste d'univers cohérent et de personnages existants au-delà de leur propre sensualité.
L'histoire, en quelques mots
Le point de départ de ce roman est le personnage de Rosalina, une jeune libraire d'une petite ville au sein de laquelle elle a toujours vécu. En marge des autres habitants à cause d'un père ayant une réputation de fou car convaincu que sa femme (et donc la mère de Rosalina) a été enlevée par des fées, Rosalina subit un peu la vie. Un soir, cependant, elle trouve par un concours de circonstances ce que son père cherche depuis des années aux quatre coins du monde, juste à côté de chez elle : le portail vers les terres des faes.
Elle y découvre un royaume recouvert de ronces, et quatre princes - chacun attaché à une saison - maudits, se transformant en bêtes sauvages chaque nuit. Forcément, Rosalina va peu à peu trouver une sorte de place au sein de cet univers très étrange, dans ce qui ressemble au départ à une sorte de réécriture de la Belle et la Bête... x4.
Mes impressions
Le roman commence avec le point de vue de Rosalina à la première personne, mais s'élargira par la suite également à la voix de chacun des Princes, nous permettant ainsi de découvrir de l'intérieur un royaume certes ravagé par une malédiction, mais aussi par des rapports personnels et politiques plus ambivalents qu'il n'y paraît, notamment avec celui qui nous est présenté à première vue comme le grand méchant de cette histoire.
Elizabeth Helen, en plus de développer particulièrement l'aspect romantique (il est question de la recherche d'âmes sœurs) ainsi qu'érotique (bien que le harem inversé reste soft), mêle aussi ici d'autres ingrédients que je n'attendais pas dans cette recette. Je pense par exemple au M/M, que je ne m'attendais pas du tout à retrouver ici, ainsi qu'au voyeurisme, qui tient quand même une bonne part de l'ensemble. Vous l'aurez compris, l'érotisme tient ici une bonne part du gâteau. Malheureusement, difficile de vous dire que cette lecture donne chaud, car il s'avère que les scènes de sexe sont plutôt mal écrites et mal amenées. Et puis l'écueil principal reste tout de même le manque de profondeur. Certaines œuvres de romantasy savent compensées le manque de worldbuilding avec de beaux personnages (je pense par exemple à La guerre des cœurs égarés de Carissa Broadbent), mais malheureusement ça n'est pas le cas ici.
Rosalina est bancale, difficile à appréhender finalement dans le sens où elle manque clairement de traits de caractère définis. Idem pour les Princes, dont on ne parvient pas à saisir l'essence, sauf peut-être pour deux d'entre eux, et encore ça reste assez léger. J'aurais aimé, je pense, davantage d'audace dans l'érotisme, peut-être une sorte de roman hyper initiatique assumant à fond la luxure du harem inversé, avec une ambiance vénéneuse à mi-chemin entre rêves, contes et cauchemars. Là, malgré quelques fulgurances cochonnes, ça manque d'audace. Je lirai néanmoins le second tome afin de me faire un avis définitif.S'il s'avérait qu'il était du même acabit, j'abandonnerais probablement cette saga.
«Certains sont faits pour régner, d'autres non, mon prince.»
Je le conseille si...
Vous aimez la romantasy et n'êtes pas du tout regardants concernant la profondeur des personnages et la qualité de l'écriture - par exemple si vous aimez l'apparente simplicité d'un roman comme Captive, l'écriture Wattpadesque et les descriptions esthétisantes. (Ça n'est pas un jugement, je sais qu'il y a réellement une clientèle qui aime ce genre d'approche.)
En refermant le livre
Malgré un cliffhanger un peu plus intéressant — bien que ce procédé ait ses limites —, ce roman demeure une déception plutôt cuisante. Il n'est pas foncièrement mauvais, mais son ambiance ne s'est pas insinué en moi lors de ma lecture, très honnêtement.