16 octobre 2026

Roman : Bride (Bride #1)

Couverture de Bride, tome 1Vive les Alphas !

Bride, tome 1

Ali Hazelwood

Lecture numérique · 442 pages

Bit-Lit · Érotisme

Worldbuilding
Spicy

Deux raisons à cette lecture : j'aime Ali Hazelwood, j'aime la bit-lit (à jamais mon genre doudou). Aussi, la combinaison des deux ne pouvait que me rendre curieuse. Scoop : c'était trop bien !

L'histoire, en quelques mots

Un monde qui est le nôtre, de nos jours, mais dans lequel évoluent au grand jour humains, loups-garous et vampyres (avec un y, c'est plus classieux), chacun de son côté.

Misery est la fille (vampyre) du dirigeant de la faction vampyre du Sud-Ouest des États-Unis. Pour la paix des peuples, elle est dans l'obligation de se marier avec l'Alpha de la meute du Sud-Ouest, Lowe. Une collision des mondes se produit pour ces deux êtres que tout oppose et qui sont mystérieusement très attirés l'un par l'autre.

Mes impressions

Chaque mode en chasse une autre en littérature. Si, en ce moment, on adore les killer romance, les romance mafia ou encore (plus pour longtemps, je crois) les cosy mystery, force est de constater qu'il y a quelques années, c'est la bit-lit qui a régné en maîtresse de la cour de récré. Et c'était teeeeeeeeeeeeellement bien, parce que je peux vous affirmer que je m'en suis enfilé des quantités faramineuses à la grande époque des collections dédiées chez Milady, Harlequin ou encore en poche. Qui se rappelle de Panini aussi, et de ses séries exceptionnelles ? Bref, vous l'aurez compris, je fangirlise à mort le genre. Ma préférence allant aux loups... Non, je vous arrête, je n'ai pas nécessairement un blocage sur les Alphas ; j'apprécie plutôt leur entre-soi, leur système de hiérarchie et de meutes, et les codes d'honneur de leurs relations. Mon ultime monument, c'est d'ailleurs la série Alpha et Oméga de Patricia Briggs, incroyable dans le genre. Mais je m'égare et je m'arrête parce que je pourrais clairement écrire 500 000 signes sur le sujet.

Breeeeeeeeeeeeeeeeeeeef. Misery et Lowe. Lowe et Misery. Quel slow burn. Quelle sensualité. Je vous déconseille, comme moi, la lecture dans les transports en commun, car je pense avoir rougi plus d'une fois tant c'était caliente entre ces deux-là. Car oui, ne vous y trompez pas : Ali Hazelwood revisite la bit(e ? mdr)-lit à sa manière, avec un érotisme profondément exacerbé et assumé... Qui m'a d'ailleurs amenée à théoriser le fait que, même dans ses romances contemporaines classiques, tous les mecs sont plus ou moins des loups-garous. Je pense qu'elle a été une fan du genre et qu'elle transpose ça dans ses personnages mascus, avec sa vision du truc. Du coup, lire Bride, ça a été aussi mieux comprendre son obsession des mecs très grands, très larges et très gâtés par la nature. J'ai eu comme l'impression d'accéder à sa romance ultime. Pas sa meilleure : rien ne détrônera Love, Theoretically et Jack de mon cœur. Cependant... C'était intéressant de constater cela, ça offre, disons, une autre lecture.

L'érotisme est donc le cœur de ce roman. Néanmoins, il y a un entourage très cohérent. Tout d'abord, les protagonistes sont réussis. On tourne toujours un peu en rond au niveau féminin avec l'autrice, avec une héroïne caustique et drôle, toujours un peu gaffeuse et trop honnête pour son bien, mais foncièrement gentille et en décalage avec le monde. Mais ça marche, puisqu'elle m'a fait rire à plus d'une reprise (cf. la citation plus bas, par exemple, et un petit apport scientifique — léger — au passage). Quant à Lowe, le protagoniste masculin, il est réussi, un mélange de tendresse et de dureté par souci de protéger tout le monde, et je trouve que là, Ali touche vraiment à quelque chose de sensé avec ce personnage très familial et la mythologie loups-garous en général. Ça colle bien.

Le worldbuilding, lui, bien qu'en retrait, est intéressant. On sent, de la part de l'autrice, l'envie de nous fournir un fond cohérent avec le reste, justifiant les comportements et sentiments de nos personnages quant au déroulé de la narration. Elle n'invente en soi pas grand-chose dans l'univers de la bit-lit, sauf peut-être ce concept de « collatéral » — un enfant d'une race envoyé chez une autre en échange d'un autre, etc. —, garantissant physiquement une paix fragile entre les peuples. Misery a été cette enfant, et le poids que cela a fait peser sur ses épaules justifie bien sa solitude et sa différence. Tout est donc au service de tout ici, et on aime lire une romance qui se soucie aussi bien de son fond que de sa forme.

"Il est doué pour fixer ses yeux arctiques sur les gens sans rien dire, et je me tortille sur ma chaise. Comment ce type peut-il faire transpirer quelqu'un dont la température basale est de trente-quatre degrés et qui est pratiquement dépourvu de glandes sudoripares ?"

Je le conseille si...

Vous êtes amateurs de fantasy urbaine en général et la présence d'érotisme ne vous dérange pas.

En refermant le livre

J'ai passé un excellent moment avec ce titre, vraiment. Ça n'était pas un coup de cœur, ça n'était pas dénué de quelques défauts (je ne les ai pas mentionnées, mais il y avait des petites longueurs à la toute fin dans la résolution de l'intrigue.), mais ça se dévore en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.