30 septembre 2026

Essai : Autobiographie de mon corps

Couverture d'Autobiographie de mon corps, de Lize Spit Abandon

Autobiographie de mon corps

Lize Spit

Livre papier · 384 pages · 2026

Autobiographie · Essai

Construction
Écriture

Vous souvenez-vous de la couverture du premier roman de l'autrice paru en France il y a quelques années, avec cette petite fille boudeuse qui fumait une cigarette ? Elle était hyper percutante, et a contribué, je pense, à faire parler de l'œuvre de Lize Spit depuis. Pour ma part, c'est ma première lecture de l'autrice et ça ne s'est pas vraiment bien passé : elle se clôt par un abandon au quart du livre environ. Courte chronique et explication.

L'histoire, en quelques mots

Lize Spit a la trentaine. Un jour, sa mère lui annonce par mail, ainsi qu'à ses frères et sœurs, qu'elle est atteinte d'un cancer métastasé. Lize entreprend alors de dérouler le fil de sa vie auprès de sa mère, et plus particulièrement l'impact que la relation avec celle-ci a eu sur son propre rapport à son corps, à l'adolescence puis à l'âge adulte.

Mes impressions

Je précise avant toute chose que cette lecture a été faite dans un cadre professionnel : ce n'était donc pas une lecture plaisir pleinement choisie.
Il m'est venu très vite l'idée que je n'étais pas du tout dedans. Ce que nous raconte Lize Spit, ici, c'est une histoire très intime (la maladie de sa propre mère, l'impact sur elle et le reste de la famille) et à la fois universelle (mortalité du parent), et vu la gravité du sujet, je trouve ça très délicat d'avouer qu'on n'a pas aimé. Vous voyez ce que je veux dire ? On n'a pas envie de chroniquer ce type d'œuvre comme on chroniquerait une fiction quoi. Pour autant, c'est une écrivaine et si elle a choisi de rendre ce texte public, c'est aussi quelque part une autorisation faite aux lecteurs de l'aimer ou non.

Déjà, le style d'écriture ne m'a pas du tout embarquée. Les moments narrés de manière classique ne m'ont pas permis de ressentir une voix particulière, j'ai trouvé ça assez froid et surtout générique, avec des considérations sur le métier d'écrivain qui ne m'intéressent pas forcément de base (cette idée de vivre les évènements de la vie à la fois comme une personne mais aussi comme quelqu'un qui va potentiellement les raconter). Je dis « narrés de manière classique », car l'autrice insère aussi, sur des pages entières, des conversations WhatsApp, des extraits de ses journaux intimes d'enfance, ou d'autres formats plus inattendus encore, qui contribuent à leur manière à faire avancer la narration. C'est un procédé dont je ne suis pas fan, sauf peut-être dans le cas d'une enquête. Je trouve que c'est en général assez lourd à lire, le genre de pages avec des éléments intéressants en soi, mais où l'on se dit en tant que lecteur que c'est tout de même un peu chiant, et où l'on regarde en feuilletant combien il reste exactement de pages de ce genre.

Pour le reste, j'imagine que la thématique du corps est creusée au fur et à mesure, mais laissez-moi vous dire qu'au cinquième de la lecture, on n'y était toujours pas. Du coup, bah j'ai commencé à sérieusement me demander vers où l'autrice nous emmenait, et comment elle allait réussir à se tirer d'une introduction à mon sens très longuette. J'ai donc poussé jusqu'au quart, avant de me résoudre à abandonner, car ça ne venait décidément pas. Je pense sincèrement qu'au-delà du fait que je n'ai pas apprécié cet ouvrage, il y a véritablement des « moments » pour lire ce type de livre, et que ce n'était pas le mien. Toutefois, et avec tout le respect que j'ai pour la démarche de Lize Spit, ce que j'ai lu ici m'a semblé un poil déjà vu : partir d'un évènement familial pour étayer son propre vécu est une piste courante, mais il faut qu'elle aboutisse sur des choses à dire. Voilà.

« Dans la semaine qui suit les résultats définitifs, je n'arrête pas de vouloir en parler à des inconnus. J'ai besoin de résoudre cette inconfortable différence de pression entre le désarroi que je ressens à l'intérieur et l'entrain avec lequel le monde continue de tourner.
Je voudrais le dire au caissier du supermarché (qu'est-ce que ça peut me faire, ce supplément de dix centimes pour un sac plastique, compte-m'en une centaine si ça te chante !), à l'endocrinologue qui compare le graphique de ma pompe à insuline avec les valeurs à atteindre, avant de déclarer que tout va bien (ah ouais, tout va bien, vraiment ?), aux employés du cabinet comptable qui tout à coup exigent un justificatif pour un café pris trois mois plus tôt. (...) Je récupère mes achats sans rien dire, je range en souriant ma pompe à insuline, je retrouve au fond d'un tiroir le ticket de caisse du café. »

Quelques passages, comme celui-ci, m'ont touchée, mais ils restent rares.

Je le conseille si...

Ce titre a de bons retours sur Babelio et d'excellentes critiques dans la presse en général. Je dirais donc que je le conseille à toute personne intéressée, pour qu'elle se fasse son propre avis.

En refermant le livre

Peut-être tenterais-je les œuvres de fiction de Lize Spit ? Parfois, on apprécie la fiction d'un auteur, mais pas sa casquette essayiste (pour moi, c'est le cas avec Joyce Carol Oates, dont j'adore tous les romans. Mais alors ses essais m'ennuiiiiiiiient !) — ou l'inverse (Leïla Slimani, typiquement).