16 septembre 2026

Film : Divergente II

Affiche de Divergente 2 Nostalgie !

Divergente II : L'insurrection

Robert Schwentke

1 h 59 · 2015 · Amazon Prime

Action · Dystopie · Chronique du 1er film

J'ai mis un temps fou à regarder ce second film, j'étais sans cesse interrompue. Bref. Nous reprenons donc sur les chapeaux de roues les wagons de cette histoire, et le moins que l'on puisse dire, c'est que le ton a changé. Ce deuxième volet veut se prendre au sérieux, et c'est précisément là qu'il se perd : à force de viser le grand film d'action, il évide patiemment tout ce qui faisait tenir le premier.

De quoi ça parle

Tris et Quatre sont en fuite depuis qu'ils se sont retournés contre les autorités Audacieuses et Érudites. Alors qu'ils se cachent chez les Fraternels, il est découvert que Tris est la Divergente la plus puissante qui soit, ce qui menace directement sa vie.

Mes impressions

Le changement de réalisateur est manifeste, et les scènes en extérieur mises à part (donc une bonne partie du début), on s'en aperçoit dès les premières scènes d'action et d'intérieur. Le premier film n'était pas beau en soi, mais il avait un petit quelque chose de moins sérieux, de plus innocent, tandis que celui-ci tente vraiment d'instiller le sentiment d'un grand film d'action — sauf qu'on n'y est pas tellement. Le début est lent, on ne fait que de bouger d'un point à un autre sans avancement de l'intrigue. Le passage chez les Fraternels (niais à souhait, le gros foirage de la symbolisation des factions à l'œuvre comme dans le premier film) en est le meilleur exemple : Caleb (Ansel Elgort) y tente de faire profil bas de manière peu convaincante, tandis que Quatre, « l'adulte », gère leur couverture à tous au mieux auprès des instances dirigeantes, dont il semble avoir les oreilles. On traverse, et rien ne s'installe.
Ce flottement gagne la direction d'acteurs, et c'est ce qui m'a le plus fait tiquer durant mon visionnage. Woodley et James sont encore très bien dans leurs rôles, heureusement, mais certains seconds rôles font vraiment tache. Je pense notamment à Ansel Elgort (mais comment Diable s'écrit son nom ??), complètement à côté de la plaque durant deux heures, tandis que Miles Teller se contente des trois quarts du film, acceptant parfois de mieux jouer. Comme si le film avait misé sur deux visages qui fonctionnent et laissé le reste flotter.

Et puis il y a ce qui me chiffonne le plus. Je n'en mettrais pas ma main à couper, car ma lecture remonte, comme je vous l'ai dit, mais il me semble que des éléments ont été allègrement changés scénaristiquement. Ce qui marchait dans le roman, dans mes souvenirs, c'était la nouvelle petite bande que Tris se constituait autour d'elle. Ici, point de bande, mais une romance complètement renforcée (comme dans le livre, Quatre est complètement fou d'elle et ferait n'importe quoi pour elle, alors que c'est moins manifeste dans l'autre sens, Tris ayant parfois trop de problèmes en tête), qui fragilise les fondations mêmes de l'ensemble. Le film a remplacé une bande par un couple, et avec elle tout ce qui donnait de l'épaisseur à l'univers. Le spectateur ne connaissant pas le roman doit sentir qu'il manque quelque chose, et je me mets à sa place ; Quatre, quant à lui, fait vraiment office de co-star/faire-valoir de luxe, ce qui laisse une impression étrange.

Capture du film Divergente 2
Fuite au tout début du film.

Je le conseille si...

Vous avez vraiment beaucoup, beaucoup aimé le premier, parce que cinématographiquement c'est pas fifou. Ne voyez pas dans ce second long-métrage plus qu'un bon morceau de fan-service et à la rigueur un moment de détente sans trop de prise de tête.

Le générique de fin

En soi, pour moi, ça n'a pas été un mauvais moment parce qu'une certaine nostalgie est à l'œuvre. Néanmoins, avec un peu d'honnêteté, je trouve qu'on gâche ici une histoire sympa et une belle brochette de jeunes acteurs talentueux avec une mise en scène douteuse et des choix scénaristiques pas à la hauteur.