Ma précédente lecture de l'autrice (et ma première) était Great big beautiful life, un roman dont j'avais apprécié la romance, mais pas forcément les à-côtés, qui prenaient beaucoup de place. Ici, on est vraiment sur une romance totale et « traditionnelle », dirais-je, qui ne cherche pas à développer une intrigue parallèle. Et je dois avouer que j'ai clairement préféré cette facette de l'autrice.
L'histoire, en quelques mots
Nous épousons ici le point de vue de Daphne, une jeune trentenaire qui s'apprête à se marier avec celui qu'elle suppose être l'homme de sa vie : Peter, un homme super organisé, tout comme elle. Sauf que ce dernier, le soir de son enterrement de vie de garçon, plaque tout pour partir avec sa meilleure amie d'enfance, une certaine Petra. Daphne se retrouve ainsi obligée de déménager chez Miles, l'ex de Petra, lui aussi lésé par cette histoire. Un mec nonchalant, apparemment fumeur d'herbe notoire, qui passe son temps à déprimer en écoutant des chansons tristes.
Daphne doute de pouvoir le supporter longtemps. Pourtant, elle n'a pas le choix : elle doit assurer un évènement pro important avant d'envisager de quitter les environs en quête d'autre chose. Un temps durant lequel elle va apprendre à mieux connaître son colocataire, avec qui elle s'embarque dans un plan de fake dating, histoire de faire rager leurs ex.
Mes impressions
J'ai tout de suite su, en entamant cette lecture, que ça allait le faire pour moi, vu la vitesse à laquelle je me suis sentie embarquée par cette histoire. Retrouver la plume sensible et drôle de l'autrice, mais cette fois entièrement dévolue à la romance, a été un bonheur de tous les instants : l'écriture est de qualité, et l'autrice prend le temps de creuser ses personnages en profondeur pour décrypter un tournant de leur vie. Ici, Daphne ne s'est pas « simplement » fait plaquer quelques jours avant son mariage (ce qui est déjà beaucoup) : elle a vu ses principes d'organisation et de prévisibilité, les plus profondément ancrés en elle, niés par Peter (le fameux ex), qui représentait pourtant toute la stabilité qu'elle avait toujours désirée dans sa vie.
Ce roman, au-delà d'une romance qui raconte la naissance d'une très belle histoire, c'est surtout ceci : comment des principes de vie que l'on croit sécurisants, importants, sont parfois plutôt des barrières que l'on se construit par peur de vivre pleinement. Comment l'enfance, aussi, nous conditionne, selon notre vécu, pour une grande partie de notre vie. Et comment il faut parfois se détricoter soi-même afin de tenter de s'épanouir pleinement, que ce soit avec l'autre mais aussi avec soi-même.
On retrouve d'ailleurs plusieurs thèmes communs avec Great big beautiful life, sans compter que les personnages sont trentenaires et parlent enfants et engagements sans complexe, ce que je trouve rafraîchissant. Étant moi-même trentenaire et mère d'un jeune enfant, j'aime retrouver dans mes lectures des moments de ma vie actuelle, ainsi que mes questionnements constants autour de la transmission.
Un détail, sans doute très personnel : dans les scènes de baisers, voire de sexe, je n'arrive pas toujours à suivre le placement des corps. J'ai souvent l'impression qu'un personnage est appuyé sur un siège de voiture alors qu'il est censé être debout dehors — et d'autres exemples encore, pour finir par ne plus rien visualiser.
Il rit.
— Encore !
— Je veux dire, reprends-je avec plus d'insistance, que tu es sans doute la seule personne que je connaisse qui soit sincèrement curieuse de tous ceux qu'elle rencontre. Et qui les fasse se sentir intéressants, acceptés, et comme... comme s'ils devaient avoir confiance en ce qu'ils font. Tu leur donnes l'impression que cultiver du maïs ou produire du coulis de cerise ou recommander des livres est un super-pouvoir.
— Si tu es doué pour ça, alors oui.
— Exactement, murmuré-je. C'est ce que tu ressens vraiment.
Je le conseille si...
Vous aimez les romances très ancrées dans le quotidien, la famille et la découverte de soi.
En refermant le livre
J'ai dévoré ce livre en moins de deux jours, ce qui en dit long sur le plaisir que j'y ai pris. Ce n'est pas un « waouh ! » : c'est une très bonne lecture, mais pas un de ces livres qui restent en tête une fois refermés, comme l'a fait Love Theoretically, qui a eu 5 tasses. D'où mes 4 tasses ici. Cela ne lui enlève aucune valeur : ce qu'Emily Henry raconte avec finesse me parle et m'émeut, au-delà des simples papillons dans le ventre qu'une romance bien écrite peut procurer. Parfois, on a juste besoin d'une très bonne lecture, qui apporte son lot de réflexions et d'émotions sur le moment. J'ai bien l'intention de découvrir d'autres textes d'Emily Henry à l'avenir.